«Nous avons tous été baptisés en un seul Esprit pour ne faire qu’un seul corps» (Epître 1 aux corr. 12 : 13).

Pour un catholique, l'histoire du catholicisme est l'histoire de l'Église à partir de sa fondation par les 12 apôtres après la Pentecôte; et l'histoire de l'église orthodoxe est l'histoire de la même église, avec, globalement, une autre façon de vivre et de dire I'Église et son histoire.

En effet, l’histoire de I'Église ne change pas; elle est toujours greffée, malgré les déchirements passés et les divisions actuelles, à la vie historique du Christ.

Au Xe siècle, ce n'est pas la discussion sur tel ou tel point de dogme ou de droit canon qui créa le schisme; mais plutôt, le manque de dialogue et le manque de charité qui ont durci les différences en oppositions; que ces différences soit justifiées ou non.

Posons-nous la question suivante: «Qui sont les véritables disciples du Christ?»

«Aimez-vous les uns les autres et c’est à cela que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples» dit le Seigneur. Dans la liturgie de St Jean Chrysostome, le diacre fait écho à cette parole en chantant: «Aimons-nous les uns les autres afin que, dans un même esprit, nous confessions le Père, le Fils et le Saint Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible.»

Durant des siècles, on s'est attardé à la question: «d'où vient ce manque de charité et d'ouverture?» Il est grand temps aujourd'hui que lui succède la question suivante: Comment faire Pour vivre pleinement cet amour fraternel afin que la parole du Christ : «Vous n’avez qu’un seul Maître et vous êtes tous frères» (Math. 23-8) se réalise de notre vivant ?

Rappelons-nous l'Église ancienne, celle de nos pères humbles, les évêques Syriens, Ciliciens, Phéniciens, Égyptiens, ceux de l'Europe entière, de la Libye et de l'Asie réunis à Nicée, en 325, lors du premier Concile Oecuménique. De cette assemblée, Eusèbe, évêque de Césarée, en Palestine, écrit : «De toutes les Églises, s'assembla la fleur des ministres de Dieu. Une seule maison de Prière comme dilatée par la puissance divine.»

Lors de ce Concile, quelque 300 évêques signent le Credo de Nicée, que nous récitons encore aujourd'hui, catholiques et orthodoxes. Ainsi, les deux églises proclament la même foi : «En vérité, nous croyons en un seul Dieu...et en Jésus-Christ notre Seigneur»

Aujourd'hui, en dépit de toutes les hésitations et même les suspicions qui se produisent dans le Conseil oecuménique des Eglises, le dialogue oecuménique a gagné une certaine substance et a permis des convergences concrètes. Aucune Église ne peut éviter aujourd'hui les questions fondamentales de l'unité chrétienne.

L'amour de l'Église doit exister par delà de toutes nos divisions, toutes nos séparations, parce que la grâce de Dieu a aboli le caractère absolu de la séparation créée par le péché. L'Église doit vivre dans une communion d'amour.

Le dialogue oecuménique n'est pas un simple exercice consistant à comparer les doctrines et les traditions confessionnelles. Il ne faut pas, en effet, en limiter le rôle à la proclamation de la foi. Il a pour mission de comprendre l'unité dans sa plénitude. avec ses différents aspects : unité de foi, communion eucharistique, pratique du témoignage, engagement social, qui forment un tout inséparable. L'unité visible entre chrétiens se conçoit donc comme une unité eucharistique puisque la foi ne peut se séparer des sacrements.

Le charisme principal de l'Église catholique et de l'Église orthodoxe est l'unité de l'Église universelle.

Elles ont, certes, une grande responsabilité envers la Vérité, mais elles ont également. envers l'unité une responsabilité tout aussi grande. Le monde a besoin aujourd'hui, d'une large réconciliation de toutes les confessions chrétiennes.

Il faut reprendre, dans chaque communauté, la prière pour l'unité. Il faut que l'idée de l'unité redevienne vivante dans l'Église et se développe à nouveau avec l'Église afin que se réalise la parole du Seigneur qui dit par la bouche de St Paul: «Il n’est qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. Il n’est qu’un seul Dieu et père de tous, qui est au-dessus de tous, agit en tous et est en tous» (Épître aux Éphésiens 4 : 5-6).