Portrait d’un jeune québécois originaire du Moyen-Orient

C’est par un après-midi pluvieux, dans un café situé sur la rue Côte-Des-Neiges, que nous nous sommes donnés rendez-vous. Son sourire jovial et sa démarche, laissant percevoir un sens du leadership, m’ont permis de le reconnaître de loin. Georges Bitar est venu me raconter, avec passion, son implication sociale et son travail auprès des adolescents qu’il dit adorer.

Le jeune homme, dans la trentaine, est originaire du Liban. Les parents de Georges ont quitté le pays, alors qu’il était âgé de 13 ans, pour s’installer au Québec, plus précisément à Sherbrooke. Selon lui, le fait d’avoir vécu dans cette ville, l’a aidé pour une meilleure intégration à la société québécoise. « Comme Sherbrooke comptait très peu d’Arabes et d’immigrants, il fallait que je m’intègre rapidement à la culture d’ici », me confie t-il. De l’équipe de football, à l’improvisation, en passant par le scoutisme, Georges s’implique et se donne à cœur joie à toutes sortes d’activités. Le fait d’être toujours en équipe et de travailler avec les autres a fait de lui, avant tout, un altruiste.

Il entreprend des études universitaires en théologie, à l’Université de Sherbrooke, ne sachant pas vers quoi cela devait aboutir. « À cette époque, j’avais beaucoup de questionnement au sujet de la religion et de la foi. Je voulais des réponses et voir plus clair », soutient le jeune homme. À la fin de ses études, Georges effectue un stage en tant que professeur d’enseignement religieux dans une école secondaire de sa ville. Son expérience a été tellement satisfaisante, qu’il décide d’en faire son métier.

C’est sans nul doute, son approche auprès des jeunes adolescents et son charisme qui lui a valu d’être un professeur respecté et apprécié par ses élèves. Il adhère au conseil d’administration de la Maison des jeunes à Magog, un organisme qui vient en aide aux jeunes, et qui à cette période devait fermer. La chance sourit à Georges, il apprend alors que l’établissement dispose d’un montant de 50000 dollar pour être dépenser. Toujours avide de nouveaux défis et pleins d’idées, il propose à la Maison d’utiliser cet argent pour permettre à des jeunes de voyager. Ce projet sera retenu. La France sera choisie comme pays de destination.

Le premier voyage a lieu en 1993. Ainsi, des adolescents de Sherbrooke s’envolent durant quelques semaines pour un voyage culturel en Europe. Pour l’année 2002, 84 candidats en ont fait une demande, et seulement 12 ont été sélectionnés.

Ce voyage requiert une préparation de longue haleine puisque les jeunes sont choisis un an d’avance. « Les élèves doivent démontrer un intérêt réel pour le voyage puisqu’ils doivent travailler l’été durant pour le financement », ajoute Georges.

Parmi ses nombreuses autres activités, le jeune homme anime des camps de pastoral pour développer les relations humaines chez les jeunes, et de leur apprendre les valeurs chrétiennes. Ceux-ci viennent discuter en toute confiance de leurs problèmes, se questionnent et surtout, se confie à quelqu’un qui les écoute et qui leur apporte un appui et une oreille attentive que souvent ils ne retrouvent pas chez leurs parents. Plusieurs vivent des situations difficiles dans leur foyer. Georges a su par son amour pour ses jeunes leur donner un lien affectif. « Ma relation avec les élèves dépasse la simple relation de professeur à élève.»


Un héritage culturel

Cette générosité toute moyen-orientale, Georges l’a apprise jeune auprès de ses parents et de ses grands-parents. Il a vu ses Grands-Parents rendrent régulièrement des visites à des orphelinats, au Liban, pour offrir de la nourriture aux orphelins. Il a ainsi été baigné, dès l’enfance, dans une atmosphère de générosité et d’amour du prochain. Ces traditions sont, selon lui, beaucoup moins présentes dans la société québécoise.
Il fut un temps où Georges s’est éloigné des traditions moyen-orientales, mais aujourd’hui, il a compris ce que cette richesse des pays du Levant peut apporter à la société d’ici.


Ses projets futurs?

« Je voudrais réduire un peu mon implication et prendre un peu plus de temps pour moi-même », soutient Georges. Son prochain voyage, il voudrait le faire au Liban où il ne s’est par rendu depuis plus de vingt ans dans le but de renouer avec ses racines et de retrouver certaines parties de son enfance. Peut-être se lancera-t-il dans des projets pour aider les jeunes libanais? Avec Georges, tout est possible…