Introduction

L'avortement est devenu une pratique courante dans notre monde actuel. Pourtant il suscite toujours beaucoup de controverse. Ceux qui sont pour l'avortement et ceux qui sont contre adoptent soit une position éthique soit une position relative à sa légalité ou les deux à la fois. En effet, il ne découle pas automatiquement du fait qu'on soit contre l'avortement pour des raisons morales qu'on le soit aussi sur le plan légal. l'inverse est également vrai. Quoi qu'il en soit, la question de l'avortement a suscité ces dernières décennies un grand nombre d'études sociologiques, psychologiques, biologiques, historiques, juridiques, théologiques et philosophiques sans évidemment faire l'unanimité. Les théologiens et les philosophes, tout particulièrement, ont cherché à comprendre et à résoudre l'aspect éthique de la question, laquelle est sans doute de taille. Pour ce faire ils ont posé la question de la nature humaine et celle de son rapport à l'embryon humain. S'il s'avérait que l'embryon humain était un être humain dès sa conception ne s'ensuivrait-il pas qu'il dût être traité comme tout être humain? Ainsi la prohibition morale de commettre le meurtre s'appliquerait à l'embryon humain. Inversement, si celui-ci ne s'avérait pas être humain au sens où les hommes nés le sont la prohibition morale de commettre le meurtre ne serait-elle pas inapplicable dans le cas de l'avortement? On pourrait facilement le croire. Dès lors il ne s'agirait même pas de meurtre tant il est vrai que la notion de "meurtre" connote nécessairement la mort d'un être humain; tuer un animal ne peut jamais constituer un meurtre.

La détermination de la nature de l'embryon humain et de son indice d'humanité acquiert donc une grande importance dans la détermination du jugement éthique relatif à l'avortement. Cette détermination n'est pas d'ordre éthique mais d'ordre factuel et ontologique. Et il importe de bien distinguer les deux ordres. Les jugements de faits et les jugements ontologiques répondent à la question suivante : quelle est la nature de telle ou telle chose? Les jugements éthiques répondent aux questions : comment dois-je agir ?; qu'est-ce qui m'est permis de faire ou de ne pas faire? Ces deux espèces de jugements diffèrent de signification et les liens qui existent entre elles ne sont pas simples. Ainsi, il ne s'ensuit pas nécessairement de l'affirmation selon laquelle l'embryon humain est un être humain, l'affirmation qu'il n'est pas permis de le tuer. Pour que cette dernière affirmation soit valide il faut supposer un principe d'action qui le justifie, par exemple, le principe selon lequel il n'est pas permis de commettre un meurtre. Par contre, l'on pourrait reconnaître un principe moral qui admettrait le meurtre d'un embryon humain sans admettre celui d'un être humain né. Un tel principe moral pourrait sembler paradoxal mais il n'est pas a priori inconcevable.

Je ne me propose pas ici de résoudre le problème éthique posé par l'avortement mais plutôt d'approfondir la question de la nature de l'embryon humain, conscient toutefois qu'une réponse à cette question peut avoir un impact sur la détermination de jugements éthiques relatifs à l'avortement. Mon discours sera donc de l'ordre de l'analyse factuelle et ontologique et non de l'ordre de l'analyse éthique, c'est-à-dire de l'analyse se rapportant à l'agir moral.


Les difficultés de définir l'être humain

Pour bien parler de la nature de l'embryon humain il faut s'en représenter les aspects les plus essentiels. Premièrement, il est formé à partir de deux gamètes humaines, un ovule et un spermatozoïde. Lorsque les deux gamètes se réunissent il y a formation d'un oeuf fécondé ou zygote constituant une seule cellule, et le noyau contient les éléments chromosomiques fournis par les gamètes. L'oeuf fécondé de par son dynamisme interne commence à se diviser en plusieurs cellules, d'abord en deux, ensuite en quatre, en huit et ainsi de suite.

Deuxièmement, le processus de différenciation cellulaire produit une structure organique qui est caractéristiquement humaine. En somme, les humains engendrent des humains et non des chats ou des éléphants. Les biologistes attribuent ce fait à la structure génétique portée par les chromosomes au nombre de quarante-six et présents dans le zygote humain et, par la suite, en chacune des cellules constituant l'organisme humain.

Troisièmement, le processus de croissance qui marque l'être humain de sa conception à sa mort est caractérisé non seulement par une certaine identité de l'individu, mais aussi par une transformation de l'individu. C'est dire que si ce dernier est un être en devenir se manifestant en de constants changements il maintient une unité de vie tout au long de son existence, cette unité n'étant rien d'autre que le maintien d'une continuité de vie à travers les changements. Le problème de la nature de l'individu humain et de son devenir est donc une variante du grand problème philosophique de la conciliation de l'unité et de la multiplicité que les penseurs ont affronté dès l'Antiquité. Il est également une variante du problème philosophique de la conciliation de la permanence et du devenir et aussi de celui de l'identité et du changement.

Traiter du statut ontologique de l'embryon c'est donc s'interroger sur la place de celui-ci dans le développement, le devenir de l'individu humain, c'est-à-dire dans l'ontogenèse humaine. Pour certains, l'individu sera considéré humain à un stade plus ou moins avancé de son devenir. Ce pourrait être, par exemple, au troisième ou au sixième mois de la grossesse ou peut-être seulement à la naissance. Pour d'autres le développement de la conscience de soi, expression, de la "personne" humaine, sera un facteur à considérer dans la définition de l'être humain. À l'opposé de ces positions un certain nombre affirmeront que l'embryon est humain dès sa conception en raison de la continuité de vie qui traverse toute l'existence de l'individu ou du fait que la structure génétique définissant l'individu humain tout au long de sa vie est déjà présente au moment de la conception.

La définition de l'être humain, je viens de l'indiquer, est souvent conçue en fonction de la conscience humaine. Or il est évident que durant les quatre premières semaines le système nerveux est beaucoup trop primitif pour rendre possible une conscience humaine bien qu'au bout de huit semaines les systèmes nerveux central et périphérique soient en bonne voix de développement. Selon ce point de vue il est bien entendu que l'embryon ne saurait être humain dès sa conception et que son humanisation ne saurait être que graduel jusqu'à ce qu'apparaisse un être humain au plein sens du mot. Il est clair aussi que la précision avec laquelle on peut déterminer l'apparition de l'être humain n'est pas facile en raison des obstacles qui se posent à la détermination d'une conscience proprement humaine. Qui en effet définira ce qu'est une conscience proprement humaine? L’on pourrait en effet alléguer que la conscience du foetus passe par plusieurs stades avant d'atteindre celui que l'on considérerait comme étant proprement humain, sans toutefois être assuré qu'il l'est vraiment. Ceci est d'autant plus vrai que même après la naissance la conscience et les capacités de conscience continuent à se développer.

Un autre problème se pose dans la perspective d'une définition de l'être humain en termes de son seul devenir. Comment faut-il considérer les enfants nés avec des infirmités, les enfants difformes, les enfants anencéphales ? Ces derniers, tout particulièrement, sont-ils vraiment humains? Ne pourrait-on pas, à la limite, définir l'humain en termes de normalité psychophysiologique? Il y a certainement danger à procéder ainsi, car les risques d'abus seraient innombrables. Souvenons-nous que l'Allemagne nazie a jugé bon d'éliminer tous les enfants qui s'écartaient un tant soit peu de la "normalité".

Somme toute, la recherche d'une définition ontologique de l'être humain en termes du devenir ontogénétique pose des problèmes probablement insolubles. Et pourtant, on ne saurait rechercher une définition qui considérerait l'être humain comme une réalité figée dont il s'agirait de cerner l'essence. La constatation du devenir humain rend impossible une telle approche. La réalité humaine est vraiment un phénomène d'unité et de multiplicité, de permanence et de devenir, d'identité et de différence.

Identité et différence au sein de la nature humaine

Le moment de la conception, celui où, nous disent les biologistes, apparaît le zygote né de la fusion des gamètes mâle et femelle, signale le début de cette aventure que sera la vie de l'individu humain. Ce zygote, l'oeuf fécondé, va connaître une évolution extraordinaire qui conduira dans des circonstances normales à la naissance d'un enfant à la croissance de cet enfant jusqu'à l'état adulte qui lui-même connaîtra des transformations jusqu'à la mort. Voilà l'individu humain décrit en termes de son devenir. Mais ce devenir, en raison du principe de raison suffisante, suppose au point de départ, c'est-à-dire au moment de la fusion des gamètes en une seule cellule, les potentialités requises, sans quoi le devenir et ses modalités seraient impossibles. Au dire des biologistes, ces potentialités seraient contenues dans le code génétique déjà circonscrit dans la cellule primordiale . L'ensemble des potentialités d'un individu humain sont comparables à un plan que l'individu réalisera selon les règles établis dans le plan. Par ailleurs, celui-ci trouve son fondement dans la structure génétique de l'oeuf fécondé. Au fur et à mesure que s'actualisent ces potentialités, l'individu se transforme. En tant qu'être de transformation l'individu est un être sans permanence, un être en devenir. Mais ce fait n'épuise pas son être.

Les potentialités de l'individu humain présentes dès la conception rendent compte non seulement de son devenir mais aussi de sa permanence et de son identité en tant qu'individu. En effet, l'actualisation des potentialités manifestée par les transformations de la structure organique (le phénotype) ne se fait pas sans le maintien de la même individualité. Cette identité individuelle se manifeste dans la permanence vitale : les changements constants et continus que connaît l'individu à travers sa vie ne s'accompagnent pas d'une cessation de vie à chaque changement. Bref, le changement organique s’accommode fort bien du maintien de la vie qui a débuté à la conception et qui se caractérisait déjà par la nutrition, l'excrétion et la multiplication cellulaire ordonnée. Nous sommes en présence d'une unité de vie dans la mesure où la vie qui a débuté avec l'oeuf fécondé s'est maintenue sans solution de continuité. Et cette unité est en fait une identité puisque la vie de l'organisme demeure toujours la même à travers toutes les phases de développement. Aussi est-ce pourquoi nous pouvons parler d'un seul et même individu que renforce le sens étymologique de ce mot-ci, à savoir, "indivisible" du latin "individuum". Bref, l'unité ou identité individuelle se réalise à travers les changements biologiques vécus par l'individu tout au long de sa vie.

Il est utile ici d'employer le terme aristotélicien de "forme" pour désigner cette unité-identité de l'individu. La forme n'est rien d'autre que la définition d'une chose, la détermination de l'être d'une chose avec ses pouvoirs et ses limites. L'unité-identité vitale de l'individu est réelle et constitue quelque chose de particulier en tant que détermination de la réalité de l'individu et mérite à ce titre l'appellation de forme. Toutefois, celle-ci n'est pas la forme de l'individu dans son entier, lequel est aussi un être en devenir, c'est-à-dire, un être marqué par le changement et donc par la différence. Elle est forme coexistant avec la différence et assurant la cohésion de celle-ci au sein du même individu, pendant la durée de la vie de ce dernier.

L'individu humain considéré dans son entier, c'est-à-dire en tant qu'identité-différence doit donc aussi avoir sa propre détermination d'être, c'est-à-dire sa forme. Appelons-la, la forme globale. En raison des changements qui marquent le développement de l'être humain au cours de sa vie, la forme globale se transforme bien que la forme de l'unité-identité se maintienne tout au long de ce développement. Cette forme-ci s'avère donc être un facteur déterminant de la forme globale. En d'autres termes, la forme globale se définit en partie par la forme de l'unité-identité.

Reconsidérons ces analyses par rapport aux débuts de la vie de l'embryon et de son développement. Lorsque les gamètes se fusionnent pour former l'oeuf fécondé la vie se manifeste et le processus d'ontogenèse débute. Or cette vie est justement celle qui se maintiendra identique à elle-même jusqu'à la mort de l'individu. C'est dire que la forme de l'unité-identité de l'individu qui exprime la subsistance de la même vie individuelle et de la même individualité vivante est présente dès le moment de la conception et perdure à travers tout le processus ontogénétique. Par ailleurs, la forme de l'être humain, c'est-à-dire la forme globale n'est pas la même au début de la vie qu'elle ne l'est par la suite : elle se transforme au gré du processus ontogénétique. Exprimé autrement cela signifie que l'adulte est le même individu que celui qu'il était à sa conception en raison de l'unité de vie qui a traversé son existence depuis le premier moment mais qu'il est différent de ce qu'il fut à sa conception et durant les moments successifs de son existence du fait de son évolution ontogénétique.

La conclusion qui se dégage de cette analyse est que l'oeuf fécondé est humain au même titre où l'adulte est humain pour autant qu'ils incarnent la même individualité, la même vie individuelle, mais que l'oeuf fécondé et l'adulte incarnent fort différemment la même humanité.


Le processus ontogénétique et sa téléologie

Le processus ontogénétique considéré du point de vue de la téléologie peut aussi nous éclairer sur les rapports d'unité de diversité qui marquent l'être humain dans sa permanence et dans son devenir. L'argument qui suit peut être considéré comme une variante de celui qui a été présenté dans la section précédente. Le devenir de l'individu humain de sa conception à sa mort, nous l'avons vu, est un processus ontogénétique déterminé par les potentialités inhérentes à l'oeuf fécondé (le zygote). Mais il est évident que ce devenir ne se fait pas au hasard. Chaque espèce reproduit des individus de la même espèce tout en laissant une place importante aux variations individuelles. Les biologistes attribuent cette constance à la structure génétique de chaque espèce et de chaque individu de chaque espèce, structure transmise à travers le génotype contenu dans les cellules germinales. L'espèce humaine ne fait pas exception. Le caractère non aléatoire de la formation des êtres vivants se découvre par le fait même dans la trajectoire du devenir individuel. Le développement ordonné de l'ontogenèse le montre bien : oeuf fécondé, phases diverses de l'embryogenèse, stades de la vie foetale, stades de l'enfance, adolescence, vie adulte, vieillesse, mort.

La constance de cette trajectoire chez les humains comme chez les autres espèces vivantes confirme le caractère téléologique de l'ontogenèse. Elle montre que la structure génétique inscrite dans l'oeuf fécondé contenait déjà en puissance les divers moments du développement de l'individu et allait permettre la réalisation de ces moments. Qui dit téléologie dit finalité et réalisation de fins et c'est par analogie avec la conscience humaine et les fins qu'elle projette de réaliser que, biologiquement, l'individu humain peut être conçu comme la réalisation d'une téléologie. De même que la fin à réaliser est déjà connue de celui qui en prend conscience, de même la réalisation de l'individu est-elle déjà "prévue" par l'oeuf fécondé grâce au code génétique qui y est inscrit.

Mais à la différence de la finalité de l'acte conscient où, d'une certaine façon, la fin se confond avec le terme, la nature agit de façon telle que la fin ne se confond pas avec le terme. En fait, la fin recherchée consciemment est le terme d'une série d'actes considérés comme moyens par rapport à cette fin. Mais dans la mesure où ceux-ci sont recherchés ils ont valeur de fin. En somme, la notion de moyen est relative: ce qui est fin sous un rapport est moyen sous un autre. Il s'ensuit que d'une certaine manière tous les gestes que je pose pour atteindre une fin terminale sont eux-mêmes des fins et s'insèrent dans une trajectoire téléologique qui s'achève à son terme. De ce fait, les gestes posés participent, de par l'intention qui les anime, à la trajectoire téléologique elle-même bien que le terme s'identifie à la fin ultime recherchée. C'est dans un sens analogique que le devenir ontogénétique peut être considéré comme une série de fins réalisées ou à réaliser et comme participant à la même trajectoire téléologique. Mais l'analogie semble bien s'arrêter là.

En effet, les gestes posés dans la recherche consciente d'une fin ne sont pas nécessairement ou intrinsèquement ordonné à la réalisation de cette fin. Par exemple, si je tiens une chaise pour la transporter à un point A, ce n'est pas par nécessité que je la transporte en ce point. Je pourrais fort bien changer d'idée et la transporter au point B. L'on peut donc dire que les gestes posés participent extrinsèquement à la trajectoire téléologique qui conduit au terme, c'est-à-dire à la fin ultimement recherchée. Il n'en va pas de même du devenir ontogénétique qui est un processus naturel dont la téléologie est inscrite en son coeur même dès le commencement, c'est-à-dire dans l'oeuf fécondé. Ce qui doit se réaliser est intrinsèquement inscrit dans l'oeuf de sorte que la réalisation est elle-même intrinsèque, ou, si l'on préfère, une résultante obligée de tout le processus. Il n'y a pas de place ici, à moins d'une intervention de facteurs externes, pour un changement de trajectoire.

De ceci il résulte que chaque état du processus téléologique participe intrinsèquement à ce dernier en tant que fin même si elle remplit une fonction de moyen par rapport à un état subséquent du processus. Dès lors, il est vrai de dire que le processus dans son entier, de la conception à la mort, constitue la finalité globale de ce dernier. Or, ce processus est celui d'un individu particulier (v.g. Pierre ou Diane), conservant la même vie sans solution de continuité durant le processus. De plus cet individu porte en lui et de par sa nature l'orientation téléologique qui marque son devenir. Il s'ensuit que tous les états de son devenir en tant que fins successives s'insèrent dans sa trajectoire téléologique, l'impliquent, y participent et en dépendent. C'est dire que l'oeuf fécondé, l'embryon, le foetus et l'être humain conscient participent à la même trajectoire téléologique individuelle et en dépendent. C'est aussi reconnaître en dernier ressort que chacun de ces états est un individu mais qu'en vérité il s'agit du même individu manifesté en chaque état à un stade donné du devenir téléologique de cet individu.

Résumons ce qui précède :


  1. le processus ontogénétique est téléologique;

  2. chaque état du processus ontogénétique est une fin;

  3. le processus entier constitue la finalité globale du processus;

  4. le début du processus est la conception, son terme est la mort;

  5. le processus est celui d'un individu unique maintenant la même vie sans solution de continuité (la forme d'unité-identité dont il a été question dans la section précédente) jusqu'à son terme, la mort;

  6. chaque état du processus participe au même individu et à la même trajectoire téléologique porté par l'individu dès sa conception.



Dès lors, si l'individu humain conscient est humain en raison de la trajectoire téléologique de l'individu, alors l'embryon humain au moment de sa conception est humain également pour la même raison. Ultimement, c'est l'humanité de l'individu qui fait l'humanité de l'individu humain conscient et par le fait même l'humanité de l'embryon humain au moment de sa conception. C'est donc en un sens propre que cet embryon peut être qualifié d'humain. Comprenons-nous bien. N'était-ce l'individu avec son individualité propre unifié dans l'espace et dans le temps par la forme d'unité-identité, n'était-ce l'individu avec sa structure génétique téléologiquement orientée, il n'y aurait pas la trajectoire téléologique que l'on connaît et il n'y aurait ni embryon, ni foetus, ni bébé, ni enfant, ni adulte. Somme toute, tous ces états trouvent leur explication dans la nature du seul et même individu.


Conclusion

Ces analyses permettent de conclure que l'être humain est humain dès sa conception dans la mesure où il demeure le même individu. Et il le demeure jusqu'à sa mort en raison d'une forme qui assure et maintient son unité de vie et son identité durant les années de sa vie. De plus, le devenir de l'être humain et les transformations qui l'accompagnent sont à être considérés comme autant d'aspects essentiels du processus ontogénétique foncièrement téléologique dont chaque modification possède en soi valeur de fin et valeur d'humanité